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lundi 23 juillet 2018

L'émergence des ad blockers dans la gestion de l'identité numérique


Le NY Mag a publié en décembre 2017 un article intitulé « How to See What Data Facebook and Google Have About You. » L'article commence par poser la question suivante : Les plus grandes entreprises de la Silicon Valley sont-elles devenues trop puissantes ?

Cette question fait de plus en plus les manchettes médiatiques depuis le scandal des fausses nouvelles (fake news) sur Facebook autour des élections américaines en 2016. La population en général est maintenant mieux informée à propos de la façon dont Google, Facebook, Amazon et al exploitent les données privées partagées sur ces plateformes à des fins commerciales.

En réponse à cette nouvelle réalité, les utilisateurs ont décidé de contre-attaquer. C'est ainsi qu'est survenu le phénomène des « ad blockers » ou logiciels anti-publicitaires. 

Ces logiciels, comme le populaire Privacy Badger, prennent souvent la forme d'une extension de fureteur. Le rôle de ces outils est d'empêcher les serveurs publicitaires des éditeurs d'envoyer des appels aux serveurs publicitaires des annonceurs. Par conséquent, l'annonceur ne peut pas afficher de publicité à l'utilisateur, car l'identifiant de fureteur de ce dernier, qui lui est rattaché à un ensemble de données à son sujet (intérêts personnels, comportement d'achat, âge, sexe, situation familiale, etc.), est bloqué par le logiciel anti-publicitaire.

D'ailleurs, si vous aimeriez savoir ce que Facebook interprète à votre sujet auprès des annonceurs, visitez ce lien

Il y a bien entendu des avantages à cette technologie mais aussi, dans enjeux. Si les éditeurs ne sont plus en mesure d'obtenir des revenus publicitaires, comment pourront-ils continuer de publier du contenu ou développer des applications comme Google Maps, Waze, Météo Média, Facebook, etc. ?

Est-ce possible de trouver un juste milieu ? Toutes ces questions sont en pleine ébullition dans l'industrie du marketing en ce moment. Les gouvernements prennent action, comme dans le cas de l'UE. Mais l'équilibre est loin d'être atteint. Cette récente évolution du web social fera encore l'objet de bien des analyses et des débats sociaux.

mardi 17 juillet 2018

La publicité numérique devrait-elle passer au BAT ?


Le BAT (Basic Attention Token) est une solution informatique aux problèmes de la publicité en ligne. Ces problèmes sont l’érosion de la confidentialité des consommateurs, la fraude publicitaire et l’accaparement de plus en plus grande du marché par quelques joueurs.

Ce système fait appel à la chaîne de blocs (blockchain), une base de données distribuée sans contrôle central, utilisé par les crypto-monnaies tel que Bitcoin. En fait les BAT sont une forme de monnaie (bien que ses créateurs parlent plutôt de jeton d’utilité) qui est échangé entre les utilisateurs, les publicitaires et créateurs de contenu. Cet échange est en fonction de l’intérêt de l’utilisateur pour le contenu et les publicités qui l’ont attiré.

Le tout est supporté par le navigateur Brave, le bébé de Brendan Eich, créateur du langage javascript et un des créateurs de la fondation Mozilla (navigateur Firefox). Ce navigateur implémente une stricte protection des informations de l’utilisateur et permet l’échange automatique ou volontaire des BAT.

L’approche s’inscrit dans la mouvance d’appliquer les chaînes de blocs pour de plus en plus d’usages. Ceci est supporté par le succès d’Ethereum [Wood 2014] ainsi que par les recherches pour s’en servir afin de mieux gérer les chaînes d’approvisionnement [Kim & Laskowski 2016] ou pour améliorer les performances d’authentification des échanges [Vukolić 2016].

Diagramme de la triade des BAT
basicattentiontoken.org


samedi 14 juillet 2018

Les différences entre la gestion de la vie privée aux É-U et en Europe

Comme je l'aborde dans différents billets sur ce blog, la question de la gestion des données sur la vie privée est un débat social important dans la société d'aujourd'hui.

Au niveau législatif, il est intéressant de constater le grand contraste dans ce débat entre l'approche du gouvernement américain et l'Union européenne.

Dans ce billet, je vais présenter très sommairement les approches de chacun de ces deux grands gouvernements. Comme vous le verrez, l'UE et les É-U semble aller dans deux directions opposés.

Dans le cas des É-U, on adopte une politique beaucoup plus souple, tandis que l'Europe a opté pour une restriction plus sévère de l'accès des entités commerciales aux données de la vie privée.

La gestion de la vie privée aux É-U

Aux États-Unis, le “Consumer Privacy Bill of Rights Act of 2015” [S.1158 - 114th Congress] voté en 2015 sous l'administration Obama a été révoqué en mars de cette année [S.J.Res.34 - 115th Congress]. Ceci permet aux fournisseurs d’accès internet de collecter des informations sur les utilisateurs.

Les entreprises de télécommunication voient cela d'un bon oeil. Elles pourraient par contre perdre la confiance des internautes qui considèrent leur vie privée comme presque aussi importante que leur sécurité informatique, ce qui pourrait les amener à faire attention aux sites sur lesquels ils écrivent ou magasinent [eMarketer, 31 mars 2017]. Pour citer De Moy (directeur privacy and data au Center for Democracy & Technology) :
Lorsque les gens cessent de faire confiance à l'Internet, nous perdons non seulement la confiance, mais aussi des dollars.
Néanmoins, le risque de cette perte de confiance auprès de la population ne semble se refléter au niveau législatif ou politique. Car les Google, Facebook, Amazon et al maintiennent une assez grande liberté dans la collecte de données. Par ricochet, cette souplesse du gouvernement donne lieu à une intensification du recours à des logiciels de type « ad blocking, » initiant la course aux armements entre bloqueurs et anti-bloqueurs que se livrent les internautes et les éditeurs [Khattak 2017].

En résumé, on peut ramener l'approche américaine aux caractéristiques suivants :
  • Le marché américain est très peu réglementé
  • La collecte de données peut être incroyable
  • La confiance des internautes doit quand même être ménagée
  • Le recours aux bloqueurs d’annonce, aux logiciels d’anonymisation et aux VPN va s’intensifier

La gestion de la vie privée en Europe

En 2016, l'Union Européenne a adopté son cadre réglementaire sur la collecte et la protection des informations personnelles [Règlement (UE) 2016/679, 27 avril 2017]. Le règlement est entré en vigueur pour les membres de l'union depuis mai 2018. C'est une réponse directe aux attentes du public tel que définis lors de la European conference of Data Protection Authorities [Information Commissioner's Office, mai 2015].

Le but direct est de protéger les données personnelles des citoyens de l'union. Ceci est en partie une réponse au scandale de l'espionnage américain révélé par le site Wikileaks. Le scandal des fausses nouvelles des élections américaines en 2016 a bien entendu renforcé cette position. Mais c'est peut-être aussi un moyen détourné pour l'Europe de favoriser l'émergence d'un marché protégé de la donnée européenne [eMarketer, 14 mars 2017]. Pour citer Todd Ruback :
Ils tentent de créer les conditions à l'intérieur de l'UE pour engendrer le prochain Facebook ou Google - essentiellement une compagnie technologique européenne.
En résumé, on peut ramener l'approche américaine aux caractéristiques suivants :
  • Le marché européen est fortement réglementé
  • La collecte de données est difficile et doit être prudente
  • La mesure a un effet de protectionnisme sur les données d’audience de l’Europe
  • C’est une opportunité pour entreprises technologique de l’Europe
La dichotomie entre l'approche de gestion de ces deux puissances mondiales pourrait à terme complexifier l'élaboration d'un standard international. Le tout reste à suivre...

Vers une expérience web participatif « cross-device »

Depuis son émergence, le web social est principalement une expérience vécue sur un seul écran, soit l'écran de son ordinateur ou l'écran de son téléphone intelligent plus récemment. Mais de plus en plus, les utilisateurs cherchent à unifier leur expérience tandis qu'ils naviguent d'un écran à l'autre.

Un moment on regarde un film sur Netflix devant son écran de télévision. Un peu plus tard, on peut continuer de regarder le même film sur l'écran de son téléphone dans un café Starbucks. L'application de streaming Netflix fait le lien entre les deux appareils pour le même utilisateur avec son identifiant. Ce faisant, l'activité de streaming reprend exactement au moment où le film s'est arrêté dans l'écran de télévision.

Cette expérience multi-écrans de Netflix et YouTube reflète bien l'augmentation du nombre d'écrans par individu en moyenne. Selon les chiffres de Statista.com, en 2016, 23% des canadiens utilisent 5 appareils ou plus.
C'est pourquoi les développeurs d'applications et d'appareils technologiques tentent de répondre à cette réalité en améliorant la communication entre les appareils de l'utilisateur.

Dans le contexte de la description du web participatif donnée dans la section 7.4. du cours INF 6107, « le web participatif est basé sur l’activité et non sur le « contenu ». Si l'activité n'est plus restreinte à un seul écran, il est normal de s'attendre à ce que la technologie, qui elle sert d'intermédiaire à la participation sur le web, voit une évolution corollaire. 

C'est d'ailleurs ce qui est en train de se produire. Un exemple courant est l'assistant à domicile, dont Google Home et Amazon Alexa, qui servent en quelque sorte de centre nerveux pour nos différents appareils et écrans dans la maison. Via l'assistant Google ou Amazon, d'une simple commande de la voix, on peut contrôler la plupart de nos écrans. 

Par contre, on ne parle pas encore de « cross-device » car les appareils ne communiquent pas nécessairement entre eux via Google Home ou Alexa.

Pour répondre à cette problématique, des nouvelles technologies sont présentement en R&D chez les Google, Facebook, Amazon et Apple de ce monde. L'exemple que je vais présenter dans ce billet est la technologie « cross-device » avec ultrason sous le nom de uXDT.

Le uXDT (ultrasound Cross Device Tracking) a été lancé sur le marché en 2014 par SilverPush pour suivre les habitudes des consommateurs par l’utilisation de signaux ultrasons.

À titre d'exemple d'utilisation, imaginons un scénario avec une publicité télévisée, une balise dans une boutique, une publicité sur un site internet ou une application dans l’appareil d’une tierce personne.


Avec une application basée sur la technologie uXDT, on peut émettre des ultrasons qui seront captés par les appareils qui y sont connectés. Les informations sur les déplacements et fréquentations de l’utilisateur sont envoyés aux serveurs de l'application pour créer un identifiant unique entre les appareils.

Une étude publiée l'an passé a dévoilé que 234 applications androids intégraient le code de SilverPush [Arp et al. 2017]. 

Par contre, étant donné la nature sourdine de cette technologie, elle a soulevé un tollé qui a mené à des réactions négatives du public. Par exemple, la compagnie Samsung a reçu très mauvaise presse après avoir été soupçonnée de vouloir utiliser des balises ultrasons sans autorisation des utilisateurs [The Sun, 8 juin 2017]. D’autres études actuelles portent sur les questions de confidentialité [Zimmeck et al. 2017] et de sécurité [Mavroudis et al. 2017] soulevés par cette technologie.

Malgré tout, nombreuses autres compagnies ont commencé à adopter la technologie uXDT ou de nature semblable. Google par exemple a relâché le Nearby Messages API permettant de développer des applications qui utilisent un mélange de moyens, incluant les ultrasons, pour parvenir aux mêmes fins [Google developers, 18 mai 2017]. 

Avec la controverse autour de la vie privée, on peut s'attendre à une resistance envers cette prochaine génération de web participatif. Pour l'instant, il faudra se contenter d'une activité multi-écrans restreinte à des applications comme les réseaux sociaux (pensons à Facebook Messenger) ou YouTube. 

Néanmoins, c'est à surveiller pour l'avenir...

mercredi 11 juillet 2018

Est-ce que Facebook Messenger deviendra le nouveau courriel ?

En 2017, Facebook Messenger, la plateforme texto interne de Facebook, comptait plus de 1,2 milliards d'utilisateurs. C'est énorme !

D'ailleurs, un article du site HubSpot pose la question aux marketers numériques à savoir si Facebook Messenger n'allait pas bientôt remplacer les Courriels.

Si on se base sur les résultats de leur test de campagne mesurant le taux d'engagement et d'ouverture entre Facebook Messenger et les courriels, tout semble pointer vers un changement à l'horizon.

Voici comment HubSpot décrit les paramètres de leur test :
Nous avons offert aux lecteurs deux options: soumettre le formulaire et recevoir le contenu immédiatement et par e-mail - de manière traditionnelle - ou ignorer le formulaire et accéder immédiatement au contenu de Facebook Messenger. Environ 20% ont choisi cette dernière option.
Nous avons ensuite envoyé des diffusions de messageries régulières aux personnes qui avaient opt-in, les supprimant des envois d'e-mails et étudié leur comportement. 
Après quatre semaines de test, voici à quoi ressemble les résultats :



On constate que le taux d'ouverture de message et le taux de clics sont radicalement plus élevé sur Facebook Messenger.

Bien entendu, il ne s'agit ici que d'un seul test et il serait simpliste d'en tirer des conclusions générales à propos de l'avenir du canal traditionnel de courriels. Néanmoins, ce test est un bon portrait de l'évolution de la typologie des relations humaines sur le Web Social.

Les médias sociaux comme Facebook ainsi que l'émergence des textos sur les appareils mobiles ont fondamentalement altérés les interactions entre les gens. 

Tandis que le courriel reste le canal de prédilection pour communiquer dans le milieu professionnel, c'est de moins en moins vrai pour la communication sociale amicale ou de récréation. 

Assistons-nous à un changement de paradigme de communication ? Peut-être que oui. Le site web Business Insider rapporte les statistiques suivantes à ce sujet :
Les quatre principales applications de messagerie - Messager, WhatsApp, WeChat et Viber de Facebook - comptent maintenant près de 3 milliards d'utilisateurs actifs mensuels combinés, surpassant de peu les utilisateurs actifs combinés sur les quatre plus grands réseaux sociaux du monde, y compris Facebook.
En voici l'illustration :


Comprendre le phénomène derrière l'objet social de Snapchat

L'un des réseaux sociaux les plus populaires mais les moins bien compris est la plateforme Snapchat. À bien des niveaux, incluant l'introduction de la réalité augmentée dans le monde du web participatif, ce réseau est venu changer et faire évoluer le concept de l'object social sur le web.

Son expansion est d'ailleurs non négligeable. Un analyse par eMarketer prédit que Snapchat comptera 85 millions d'américains d'ici 2020.


D'un point de vue démographique, la plateforme a donné un coup de vieux à son rival prédécesseur Facebook, en séduisant une audience démographique beaucoup plus jeune, encore plus jeune que Instagram.

La question qui se pose c'est, comment Snapchat a réussi à connaitre autant de succès aussi rapidement auprès des jeunes de 13 à 18 ans ? Par quel objet social la plateforme s'est-elle démarquée (pour être ensuite copiée par ses consoeurs) ?

L'idée principalement est simple, il s'agit essentiellement de s'exprimer et de communiquer avec des images au lieu des mots. Dans cette petite vidéo, l'équipe de Snapchat explique dans ses mots comment fonctionne la plateforme en 60 secondes.

Pour vous aider à comprendre le phénomène Snapchat et la réussite de son nouveau format d'objet social, je vous invites à consulter la vidéo :

mardi 10 juillet 2018

Quelles sont les composantes du contenu viral sur le Web Social ?


Dans la section 4.2.2 du module 4 pour le cours INF 6107, il est question du phénomène de la propagation virale du contenu dans les médias sociaux. Une des observations importantes soulevées pour décrire le phénomène est l'analogie du comportement d'un virus biologique qui se répand dans une population.

En effet, une étude rapportée par le magazine Scientific American confirme mathématiquement cette analogie. L'étude initiale qui date de juin 2017 a été publiée dans le journal Nature: Human Behavior par Filippo Menczer et al du Center for Complex Networks and Systems Research, School of Informatics and Computing, Indiana University.

Dans l'article, intitulé Limited individual attention and online virality of low-quality information, les auteurs présentent un modèle qui tentent mathématiquement de comprendre pourquoi des êtres humains en bonne santé mentale, majeurs et vaccinés, partagent-ils en si grand nombre des fausses nouvelles avec des titres comme : NASA runs a child-slave colony on Mars!

En résumé, selon les chercheurs trois grands facteurs semblent contribuer à la propagation virale d'une fausse nouvelle :
  1. l'énorme quantité d'informations disponibles
  2. la quantité limitée de temps et d'attention que les gens peuvent consacrer au défilement de leurs fils de nouvelles et au choix de ce qu'ils doivent partager
  3. la structure des réseaux sociaux sous-jacents
Ces facteurs sont bien entendu intimement liés à l'excès d'information qui bombarde nos cerveaux depuis l'explosion du Web Social. Tel que discuté dans mon billet précédent à propos du module 4, « L'état de la Blogosphère en 2018 : Les blogues sont-ils saturés ? », la quantité de blogs qui alimentent en bonne partie le contenu des fils d'actualité sur Facebook, Twitter et autres ne cesse d'augmenter. Il devient donc beaucoup plus difficile de filtrer ces données, surtout si on dépend de nos contacts sur les réseaux sociaux comme filtre collectif de l'information. 

Pour imager l'effet de cette surcharge de contenu social et des risques de propagation de fausses nouvelles qu'il engendre, Menczer et al offre dans leur article scientifique une image des différents états d'un réseau selon le volume et la diversité de l'information qu'il propage entre ses participants (amis Facebook ou abonnés Twitter.)



L'illustration 'c' du modèle Menczer ci-haut montre le compromis entre le pouvoir discriminant du système dans la diffusion des pièces de contenu de qualité et la diversité du contenu dans le réseau. Les nœuds représentent les utilisateurs qui consomment le contenu, leur couleur représente le dernier contenu partagé et leur taille indique la qualité de ce contenu (plus le nœud est grand, plus la qualité est élevée). 

Les arêtes représentent les liens sociaux entre les utilisateurs, tels que les abonnés sur Twitter ou les amis sur Facebook. Lorsque la charge d'information μ est faible, seuls des pièces de contenu de haute qualité sont présents, avec une faible diversité. Lorsque μ augmente, nous observons une plus grande diversité et un pouvoir discriminant plus faible. Ici N = 128 et α = 10. 

En résumé, ce que le modèle cherche à nous faire comprendre, c'est que plus le volume d'information augmente dans un réseau social, plus le réseau a de la difficulté à discriminer le 'vrai' contenu du 'faux'. Par conséquent, plus la force du taux de propagation du 'faux' contenu augmente. 

Dans son interprétation des résultats du modèle, l'article du magazine Scientific American observe que ce type de comportement de réseau est structurellement le même que celui de l'influenza dans une population. Selon le journaliste de SA Madhusree Mukerjee :
Si, par exemple, Alice est «infectée» par un virus de la grippe ou une fausse nouvelle, elle peut transmettre la contagion le long de ces liens à ses amis Bob et Clive en leur serrant la main ou en partageant le même [contenu] avec eux, respectivement. Bob et Clive pourraient à leur tour transmettre la contagion à leurs contacts, et ainsi de suite. En étoffant ce cadre squelettique, les scientifiques tentent de simuler jusqu'à quel point un mème [contenu] peut se propager dans différentes conditions.
Le plus alarmant, observe adroitement Mukeriee, c'est que « dans le cas d'une grippe, nous sommes habituellement confrontés à une souche à la fois, ou au pire à quelques-uns. » Cependant, en ce qui a trait à l'épidémie de fausses nouvelles des quelques dernières années, le nombre d'articles bidons qui tentent de nous infecter est comparativement bien plus grand. Une chance que ça ne tue pas... du moins pas encore. 

lundi 9 juillet 2018

6 grandes sources de données privées commercialisables

La donnée d’audience numérique représente la nouvelle denrée d’exploitation pour les entreprises partout dans le monde. Depuis l’émergence des technologies capables de collecter cette donnée aux débuts des années 2000, les modes d’exploitation et les opportunités ont grandement évolué.

Ce billet porte sur les principales formes et canaux d’exploitation de la donnée d’audience numérique.

1. Nos données de déplacements

La donnée à propos des déplacements de l’utilisateur est l’une des plus convoitées par les compagnies de données comme Google et Facebook ou même Météo Média. Une fois anonymisées et agrégées, elles alimentent les algorithmes d’apprentissage machine pour mieux comprendre nos habitudes de vie.


2. La donnée faciale

Liée par vos contacts sur Google, Google + et Facebook

Ces tags sont théoriquement privés, mais comme ils sont liés à de vrais contacts, il est facile d'imaginer que l'information pourrait être utilisée de plusieurs façons.

La reconnaissance faciale est également un moyen de savoir, par apprentissage machine, quel est l’état d’esprit de l’utilisateur. Cette exploitation de données peut être agrégée pour approfondir la compréhension des comportements sociaux.

Des pistes de recherche du MIT, notamment la discipline de la physique social (social physics) offre des modèles d’analyse qui peuvent se porter à ce type de données.

3. Les données de fureteur


Jumpshot est un exemple de fournisseur qui utilise les accords avec des acteurs tiers pour voir des données à partir des activités des internautes sur leur fureteur web. 

En fonction de votre historique de recherches et de visites de sites web, Jumpshot est en mesure de vendre des services d'analyse marketing concurrents d’une haute granularité (i.e. données transactionnelles portants sur des ventes d’un produit sur Amazon vs. Walmart.

Ces rapports sont vendus à des tarifs très élevés par le fournisseur.


4. Les données de voyages

Adara est un exemple de compagnie qui utilise les données en ligne et hors ligne de ses partenaires parmi les plus grandes lignes aériennes et les grands hôteliers à travers le monde pour identifier les habitudes de voyage.

Les données suivantes sont agrégées, modélisées et monétisées par le fournisseur et ses partenaires:

  • Type de carte de crédit
  • Destination, origine,
  • Heure de vol, siège, 
  • Hôtel, étoiles, prix,
  • Nombre de dépliants, enfants, fréquence et bien plus encore.


http://adara.com/assets/img/see-our-data-map.jpg


5. Les données d'écoute de conversations

Au Canada des services de données ont été utilisées par la GRC pour s’attaquer à des groupes de pornographie juvénile en camouflant des ultrasons dans les contenus interceptés par la police.


Rien n’empêche les publicitaires d’en tirer profit sur les appareils mobile. C'est d'ailleurs pourquoi il peut vous arriver de parler d'un sujet spécifique et d'étrangement voir quelques heures plus tard une publicité à ce sujet sur YouTube ou Facebook. Un hasard ?

Certaines recherches ont détecté plus de 140 heures de donnée d’écoute privée sur des appareils de particuliers [Arp et al. 2017]


6. Les données de comportement à domicile

La nouvelle vague de technologie IoT (Internet of Things) ne vient pas seulement avec des avancées au niveau de l’intelligence artificielle. Elle offre également une nouvelle porte d’entrées aux géants de la donnée en enregistrant l’ensemble des activités de votre vie privée à la maison. L’ensemble de ces données résident dans des serveurs de compagnies américaines, dont Google et Amazon sont les principaux garants.


Au-delà de l’enregistrement d’un très grand volume de vos données privées à domicile via Alexa ou Google Home, d’autres types d’IoT comme l’aspirateur Roomba collectent des données complémentaires.

Dans le cas d’espèce, la compagnie Roomba a manifesté l’intention de vendre ces données à Google en été 2017. Quelques jours après la fuite de cette nouvelles dans les médias, Roomba s’est rétracté [The Verge, 28 juillet 2017] et affirme que la compagnie ne vendra jamais les données de ses utilisateurs. 

Conclusion

Comme on peut le constater, l'exploitation des données à propos des individus partagées sur le web social a eu pour effet d'engendrer toute une industrie. La population se doit d'être sensibilisée à ce sujet, car même avec l'avènement du GDRP en Europe, l'industrie de la donnée est encore mal comprise. 

samedi 7 juillet 2018

Les plugins : La sauce secrète de la réussite de Wordpress ?

Dans le module 3 du cours INF 6107, nous étudions les différentes technologies propres aux plateformes de blogging. Un des facteurs ayant contribué à la croissance exponentielle de la Blogosphère, c'est justement d'avoir radicalement baissé les barrières à l'entrée de la création d'un blog.

Il y a 10 ou 15 ans, un grand nombre de blogs étaient créés sur mesure et nécessitaient une expertise de développeur web et / ou de programmation de base.

Mais avec l'émergence des plateformes comme Blogger, Tumblr et Wordpress, plus besoin de savoir coder en HTML ou CSS. On peut créer son blog dans une interface intuitive à la WYSIWYG (What You See Is What You Get). Très peu de connaissances informatiques sont requises et messieurs / madame tout le monde peut s'improviser blogueur en 2018.

Par contre, parmi les plateformes de création de blogs, Wordpress s'est nettement démarqué depuis quelques années. En effet, selon drsoft.com, Wordpress représenterait aujourd’hui 60% de tous les sites web sur l’Internet.

La question s'impose, pourquoi Wordpress ? Qu'est-ce qui distingue cette plateforme des autres pour expliquer sa réussite ?

Je propose qu'une bonne partie de la réponse est dans la supériorité technologique de la plateforme conférée par son immense bassin de plugins.

Pour citer le module 3.4 du cours INF 6107, la définition d'un plugin est la suivante :
Les plugins ou plugiciels viennent apporter de nouvelles fonctionnalités au logiciel de blogue, qui joue le rôle de noyau auquel ils viennent se greffer. Les plugins permettent à des développeurs sans lien avec les créateurs du logiciel de blogue de contribuer à son développement. Ils permettent donc des utilisations imprévues au départ du logiciel de blogue et lui donnent de la flexibilité. Ils ont aussi l’avantage de réduire la taille de l’application-noyau.
Tandis que la plupart des plateformes CMS offrent des options de modules pour enrichir les fonctionnalités d'un site web ou blog, Wordpress s'est vraiment démarqué dans cette catégorie. Pour vous donner une idée de la taille du bassin de plugins Wordpress, voici des statistiques concrètes :
  • Plus de 55 000 plugins WordPress dans le répertoire officiel, et de nouveaux modules ajoutés quotidiennement. [Source]
  • 1,250,000,000+ téléchargements de plugin total se sont produits sur WordPress.org en 2016 (ce nombre a probablement augmenté de beaucoup depuis. [Source]
Il existe une très grande communauté active de développeurs pour ces plugins Wordpress. Dans bien des cas, ces plugins sont d'ailleurs gratuits, dont certains avec des options de fonctionnalités plus avancées payantes. 

Grâce à ces plugins, incluant toute la série de fonctions en commerce électronique de Woo Commerce, les utilisateurs de Wordpress peuvent créer facilement des sites complexes et riches en expérience utilisateur. 

Cette démarcation est selon moi l'un des principaux facteurs de la grande réussite de cette plateforme dans le monde du Web Social.  

La dimension commerciale des données d'utilisateurs dans des espaces publics médiatisés

Dans le module 6.6. du cours INF 6107, il est question des nouveaux enjeux sociaux liés au web social concernant la vie privée des utilisateurs des plateformes comme Facebook, Twitter, Google, etc.

Dana Boyd définie les enjeux à quatre niveaux,
  1. La persistence des données partagées par l'individu sur le web.
  2. La facilité de chercher (et par conséquent de trouver) des informations à propos d'individus sur le web social.
  3. La « copiabilité » des données publics partagées par les individus sur le web. 
  4. L'auditoire invisible et anonyme qui peut consulter ces données partagées par les individus.
Toutes ces dimensions sont principalement liées à l'accès aux données d'un utilisateur à l'autre sur le web. Généralement, ces caractéristiques décrivent des relations entre citoyens, à titre individuel. 

Par contre, il existe une cinquième dimension très importante à prendre en considération, et qui selon moi, devrait être ajouté aux caractéristiques d'un espaces publics médiatisés : La commercialisation des données partagées par les individus sur le web social

En effet, comme je l'aborde dans mon article publié par The Conversation, intitulé 'The data war behind net neutralité', l'enjeu commercial lié aux données des utilisateurs des plateformes sur le web social est d'une valeur immense pour les entreprises. 

On ne peut donc pas circonscrire la description du système à des caractéristiques intra-individuelles lorsqu'il est question des espaces web publics médiatisés. Il faut aussi comprendre l'interaction entre individus et entités commerciales. 

Dans mon article à propos de cette guerre des données, j'aborde la question du modèle relationnel qui existe entre l'individu (qui partage l'information), la plateforme (qui offre la possibilité de partage) et l'annonceur (celui qui utilise la plateforme pour rejoindre l'individu à des fins commerciales.) 

Modèle de la relation commerciale sur le web social


Les enjeux sociaux et d'éthiques à cet égard sont multiples et pourraient faire l'objet d'une thèse à part entière (avis aux intéressés). De plus, les questions liées à l'utilisation commerciale des données disponibles sur le web social font l'objet d'une plus grande attention politique. L'Union européenne vient de mettre en vigueur le Règlement général sur la protection des données et le congrès américain a convoqué Mark Zuckerberg pour discuter de l'exploitation des données privées par Facebook.

Des logiciels de « ad blocking » comme Privacy Badger deviennent de plus en plus populaires tandis que la population se sensibilise à la notion de gestion des données privées. 

Pour toutes ces raisons, il est donc important de comprendre cette nouvelle dimension du web social. C'est pourquoi je l'ajoute comme cinquième caractéristique des espaces publics médiatisés. 

jeudi 5 juillet 2018

La réalité augmentée et virtuelle : L'action sociale dans un monde Post-Pokémon Go

L'anthropologue culturel Mizuko Ito, qui nous a été présentée dans le Module 7 du cours INF 6107, a dressé une belle description de la façon dont le phénomène Pokémon est venu changer l'expérience sociale des enfants. C'est pourquoi elle parle d'un monde Post-Pokémon dans l'article Media Literacy and Social Action in a Post-Pokemon World.

Ce monde en question est celui d'une interaction sociale, d'un web participatif, rendu possible par la miniaturisation de l'expérience numérique ayant commencé par les Game Boy et Cie. Des jeux vidéo portatifs nous avons éventuellement vu l'émergence des iPods, qui eux se sont rapidement transformés en iPhones, donnant naissance à l'air des téléphones intelligents. 

En 2018, le taux de pénétration mondial des téléphones intelligents est au point de saturation. 

 

Source du graphique : Tune.com

Toute l'évolution du web participatif a d'ailleurs été grandement tributaire de cette expansion des « smartphones » depuis 2007. En effet, aussi tôt que 2014, Statista.com rapportait que l'utilisation des médias sociaux était majoritairement sur les appareils mobiles et radicalement moins importantes sur les « desktops. » 


Il faut donc créditer grandement la révolution mobile pour l'avancée fulgurante de la culture web participative. D'ailleurs, la technologie mobile donne lieu à de nouvelles approches participatives à surveiller dans un avenir rapproché, notamment la réalité virtuelle et la réalité augmentée.

Cette évolution amène également l'ajout d'un nouvel appareil de participation, les lunettes RV / RA. Mais sans même utiliser des appareils hardware, si vous utilisez Pokémon Go, des filtres sur les applications Snapchat et Instagram, où encore sur le iPhone X et Pixel 2, vous êtes déjà dans l'univers du web participatif RA.

Si on croit sur parole les prédictions des plus grands chefs d'entreprises technologiques au monde, soit Satya Narayana Nadella de Microsoft, Tim Cook chez Apple et Mark Zuckerburg de Facebook, la réalité virtuelle et augmentée, aussi appelé « Mixed Reality » (réalité mixte), représente l'une des trois technologies qui viendront transformer le monde de demain. Les deux autres sont l'intelligence artificielle et l'informatique quantique.

Un projet de réalité virtuelle comme Santa Cruz de la division Oculus de Facebook par exemple, viendrait potentiellement changer radicalement l'expérience des médias sociaux. Par extension, cela viendrait changer l'expérience du web participatif.



Pour vous donner un aperçu de l'évolution de cette tendance, je vous invites à regarder cette courte présentation vidéo du canal TechAltar :


En conclusion, si effectivement la réalité augmentée ou virtuelle représente la prochaine génération du web participatif, Mizuko Ito devra alors parler d'un monde Post-Pokémon Go ;)

mardi 3 juillet 2018

L'état de la Blogosphère en 2018 : Les blogues sont-ils saturés ?

Dans ce billet, j’aimerais revoir l'état de la Blogosphère depuis le rapport de Technorati en 2007 à la lumière des nouvelles statistiques provenants de différentes analyses dans l’industrie du contenu numérique. À partir de ces données, on veut répondre à la question suivante : Depuis 2007, est-ce que la blogosphère est toujours en croissance exponentielle ou a-t-elle atteint une saturation ou même, un déclin 11 ans plus tard ?

La croissance de la blogosphère depuis 2007

Avec la prolifération importante du nombre de plateformes disponibles pour la création et l’opération d’un blog personnel ou professionnel depuis la dernière décennie, il devient plus difficile d'affirmer empiriquement combien de blogs sont indexés sur le web en 2018. De la plateforme Wordpress à Blogger à Tumblr à Medium, la liste de plateformes de blog est devenue très longue.

Ce faisant, malgré mes recherches, je n’ai pas réussi à trouver une source fiable pour chiffrer le nombre exact de blogs indexés en date d'aujourd'hui. Mais pour se donner une idée, selon Internetlivestats.com, qui calcule en temps réel le nombre de nouveaux sites web actifs, on compte plus de 1,8 milliards de sites web au moment de la publication de ce billet.




Si on regarde la vélocité de croissance du nombre de sites web dans le temps, Internetlivestats.com a également des statistiques à ce sujet, lesquelles démontrent clairement une augmentation quasi exponentielle depuis 2001.




Vous pouvez remarquer une subite poussée de croissance entre 2016 et 2017. Selon Blogging.org, cette gradation abrupte serait tributaire de l’expansion importante qu’aurait connue Wordpress depuis quelques années.

En effet, selon les statistiques présentées par drsoft.com, Wordpress représenterait aujourd’hui 60% de tous les sites web sur l’Internet.





Tel que mentionné, il ne semble pas y avoir de statistiques très autoritaires au sujet du nombre total de blogs dans cet océan de 1,8 milliards de sites web. Toutefois, si on prend pour échantillon la croissance du nombre de blogs créés sur la plateforme Tumblr depuis 2011, on peut se donner un bon indice de la croissance relative de la Blogosphère. Selon Statista.com, le nombre de blogs sur Tumblr est passé de 17,5 millions en 2011 à 425,7 en 2018. On parle d’une augmentation de 2333% !



Par contre, en ce qui a trait à la croissance du nombre de blogueurs uniques, si prend pour exemple les États-Unis comme point de référence, les chiffres sur Statista.com prédisent qu'il y en aura 31,7 millions d'ici 2020. Il s'agit d'une augmentation de 16% depuis 2014.



Par conséquent, la Blogosphère semble loin d’une saturation depuis la publication du rapport de Technorati en 2007. Au contraire, les statistiques démontrent que le croissance ne fait que s’accélérer dans le temps.

Toutefois, étant donné que c'est le nombre de blogs qui augmente et non le nombre de blogueurs uniques, on peut conclure qu'il n'y a pas tellement plus de blogueurs, mais que les blogueurs bloguent beaucoup plus souvent qu'avant :)

Les déboires du scandal des Fakes News qui a causé en partie les changements de l’algorithme de Facebook, lesquels visent à réduire la visibilité des liens de contenu sur le fil d’actualité, pourraient potentiellement ralentir un peu cette croissance. Mais c’est encore trop tôt pour émettre de telles prédictions.

Pour l’instant, on témoigne d’une Blogosphère en très bonne santé et qui, semble-t-il, vient à peine d’atteindre son stade d’adolescence (avec des signes de puberté évident). On est loin de la saturation dans ce secteur important du Web Social.

vendredi 29 juin 2018

L'impact des 'Fake News' sur la crédibilité du Web Social


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En 2018, plusieurs évènements importants sont survenus qui risquent d'avoir un impact négatif significatif sur l'avenir des blogues et du Web Social. Dans ce billet, je discuterai brièvement du phénomène des Fake News et de leur impact négatif sur la blogosphère.

La controverse des 'Fake News'

Les élections présidentielles américaines de 2016 ont été controversées pour plus d'une raison. Mais celle qui se répercute le plus sur l'avenir du Web Social, c'est le phénomène des Fake News sur les réseaux sociaux.

Le scandal hautement médiatisé autour de la compagnie Cambridge Analytica sur Facebook est probablement l'événement le plus important à souligner. Non seulement a-t-il engendré des doutes auprès de la population à propos de la gestion de nos données personnelles par les géants du web, il a aussi soulevé, dans une certaine mesure, des doutes à propos de la fiabilité des blogues comme source d'information populaire.

L’enjeu avec les ‘fake news’ ou fausses nouvelles, c’est que dans bien des cas, selon le site de la firme de droit Kingsley & Napley, elles ont une plus grande susceptibilité à devenir virales sur les médias sociaux.

Dans l’intérêt de restreindre cette viralité, et pour protéger sa réputation, Facebook a réagit fortement à cette situation. Plus tôt cette année, le réseau social annonçait que son algorithme allait dorénavant restreindre la portée des liens partagés par des sites web (incluant les blogues).

Le directeur du fil d’actualité chez Facebook, Adam Mosseri, a résumé ce changement dans une seule phrase dans son billet intitulé “Bringing People Closer Together” :

Nous allons prioriser également les messages provenant d'amis et de membres de la famille sur le contenu public, conformément à nos valeurs pour le fil d'actualité.

Pour les éditeurs web et les blogueurs qui ont développés une dépendance au fil d’actualité Facebook pour diffuser leur contenu, cette nouvelle a eu un impact majeur. Selon une étude de Social Media Today, la portée organique du contenu publié par les éditeurs, incluant les blogues et les marques d’entreprises, aurait diminué de 20% sur Facebook en 2017.

Une étude de l'entreprise d'analyse sociale Locowise citée par AdWeek affirme que la portée organique moyenne des publications des pages Facebook a continué de chuter en 2018. Selon l’étude, on parle d’une portée de 2,27% en avril 2018 pour les pages Facebook ayant plus d'un million d’abonnés.

Bien entendu, il y a Twitter, Instagram et Snapchat comme alternatives de diffusion sociale pour les éditeurs de blogs. Par contre, ces plateformes ont des bassins d’utilisateurs beaucoup moins importants, surtout au Canada d’après les chiffres présentés par la firme Little Dragon Media.

Est-ce que tout cela signifie que les blogs n’ont plus d’avenir ? Absolument pas. Reste-t-il que nous devons maintenant tenir compte de deux nouveaux facteurs qui influencent la distribution de contenu des blogs et sa portée avenir :
  1. Le scandal des fausses nouvelles a rendu les utilisateurs plus critiques dans la sélection des blogueurs à suivre. La notion de crédibilité est plus importante que jamais !
  2. Les réseaux sociaux, particulièrement Facebook (le plus gros) n’offrent plus la visibilité gratuite de grande portée comme il y a 4 ou 5 ans. Pour gagner de la visibilité, les blogs devront travailler plus fort, sur plus de plateformes de distribution ou simplement investir dans les annonces de contenu sponsorisé par Facebook et al pour maintenir une portée significative. 
Si on se réfère aux concepts abordés lors du module 4 du cours INF 6107 à propos de la confiance et la crédibilité selon B.J. Fogg et Hsiang Tseng, nous pourrions appliquer la notion de 'computer products' à celle de 'content products' (produits de contenu). 

Dans cet optique, si on regarde spécifiquement la notion de crédibilité de Fogg et Tseng, on peut donner raison aux plateformes comme Facebook de vouloir serrer la vis lorsque les produits de contenu se présentent sous les rôles suivants : 
  • agir comme sources de connaissances
  • instructeur ou tuteur des utilisateurs
  • rôle d'aide à la décision
  • rapport des mesures
  • cours des simulations
  • rendre les environnements virtuels
  • rapport sur le travail effectué
  • rapporte sur leur propre état (ou l'état d'autrui)